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RETIARIVS - Salluste, Ep. I, 5

V. La république fut toujours divisée en deux classes, je le pense, et la tradition de nos pères en fait foi : les patriciens et les plébéiens. Aux patriciens fut primitivement dévolue l'autorité suprême; mais dans le peuple n'en résidait pas moins la force réelle. Aussi y eut-il souvent scission dans l'État; et la noblesse ne cessa de perdre de ses privilèges, tandis que les droits du peuple s'étendaient. Ce qui faisait que le peuple vivait libre, c'est qu'il n'y avait personne dont le pouvoir fût au-dessus des lois : ce n'étaient ni les richesses, ni l'orgueil, mais la considération et la valeur, qui mettaient le patricien au-dessus du plébéien. Dans son champ ou à l'armée, le moindre citoyen, ne manquant, jamais de l'honnête nécessaire, se suffisait à lui-même, suffisait à la patrie. Mais, lorsque, chassés peu à peu de leur patrimoine (12), les citoyens eurent été réduit par l'oisiveté et la misère à n'avoir plus de demeure assurée, ils commencèrent à compter sur les richesses d'autrui, et à faire de leur La même idée se trouve reproduite dans la Guerre de Jugurtha (ch. XLI): Interea parentes... sedibus pellebantur. liberté et de la chose publique un trafic honteux. Ainsi peu à peu, le peuple, qui était souverain et en possession de commander à toutes les nations, est venu à se désorganiser (13); et, au lieu d'une part dans l'autorité publique, chacun s'est créé sa servitude particulière. Or cette multitude, d'abord infectée de mauvaises mœurs, puis adonnée à une diversité infinie de métiers et de Dans la Guerre de Jugurtha, même chapitre : Plebis vis, soluta atque dispersa in multitudine, minus poterat. genres de vie, composée d'éléments incohérents, est, à mon avis, bien peu propre au gouvernement de l'État. Cependant, après l'introduction de nouveaux citoyens, j'ai grand espoir que tous se réveilleront pour la liberté, puisque chez les uns naîtra le désir de conserver cette liberté, et chez les autres celui de mettre fin à leur servitude. Je pense donc que, ces nouveaux citoyens mêlés avec les anciens, vous pourrez les établir dans les colonies (14) : ainsi s'accroîtront nos forces militaires, et le peuple, occupé à des travaux honorables, cessera de faire le malheur public.
La plupart des conseils que Salluste donne ici sur la formation des colonies, sur l'augmentation du sénat, furent suivis par César, à son retour à Rome. Suétone (ch. XLII) nous apprend que César distribua quatre-vingt mille citoyens dans les colonies d'outre-mer.
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