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RETIARIVS - Salluste, Ep. I, 2

II. J'ai reconnu, en effet, qu'il n'est point de pensée si profonde, que chez vous un instant de réflexion ne fasse aussitôt jaillir; et, si je vous expose mes idées en politique, ce n'est pas avec une confiance présomptueuse dans ma sagesse ou dans mes lumières; mais j'ai pensé que, au milieu des travaux de la guerre, au milieu des combats, des victoires et des soins du commandement, il serait utile d'appeler votre attention sur l'administration intérieure de Rome. Car, si vos projets se bornaient à vous garantir des attaques de vos ennemis et à défendre contre un consul malveillant (5) les bienfaits du peuple, ce serait une pensée trop au-dessous de votre grande âme. Mais, si l'on voit toujours en vous ce courage qui, dès votre début, abattit la faction de la noblesse; qui, délivrant le peuple romain d'un dur esclavage, le C. Claudius Marcellus et L. Cornélius Lentulus Crus étaient consuls l'an de Rome 705 (avant J.-C. 50-49), année à laquelle se rapporte la date de cette lettre, et tous deux ennemis de César : mais, selon de Brosses, il s'agit plus particulièrement de C. Marcellus; M. Burnouf, au contraire, veut qu'il s'agisse de Lentulus, et il renvoie le lecteur aux Commentaires de César sur la guerre civile. Au surplus, ces deux consuls ne contribuèrent pas peu, par leur violence, à précipiter la guerre civile, et à donner une apparence de justice aux plaintes de l'agresseur. rendit à la liberté; qui, durant votre préture (6), a su, sans le secours des armes, disperser vos ennemis armés; et qui, soit dans la paix, soit dans la guerre, accomplit tant de hauts faits, que vos ennemis n'osent se plaindre que de vous voir si grand, vous accueillerez les vues que je vais vous exposer sur la haute administration de l'Etat; j'espère qu'elles vous sembleront vraies, ou du moins bien peu éloignées de la vérité.
"La manière dont Salluste s'exprime ici semble en dire là-dessus plus que nous n'en savons." (DE BROSSES) En effet, Plutarque, dans la Vie de César, se borne à rappeler que la préture de César n'apporta aucun trouble dans l'état; mais, dans la Vie de Caton, il se contredit lui-même, en nous apprenant que César s'était ligué avec un tribun factieux, Metellus Nepos, qui voulut emporter par la violence une loi subversive de la liberté publique; elle avait pour objet de rappeler à Rome Pompée avec son armée, pour opérer la réforme de l'État. Caton s'opposa, avec constance et au péril de sa vie, aux efforts de Metellus et de César, qui avaient aposté dans l'assemblée une troupe de gladiateurs et d'esclaves armés. Cette noble résistance rendit le courage au sénat, qui arma les consuls du pouvoir dictatorial. Suétone nous apprend que Metellus et César furent interdits tous deux des fonctions de leur charge. Metellus prit la fuite, et sortit de Rome. César y resta, se soumit au décret du sénat, renvoya ses licteurs, quitta la robe prétexte, et rentra dans la vie privée; il se refusa même aux offres de la multitude, qui voulait employer la force pour le réintégrer dans ses fonctions. Cette modération désarma le sénat, et, à la sollicitation de Caton lui-même, on rendit à César et à Metellus l'exercice de leur magistrature.
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