Cliquez sur les expressions précédées du signe + pour les développer.

Recherche externe : moteur de PicoSearch
Recherche interne : moteur de FreeFind
 ??   

RETIARIVS - Salluste, Ep. I, 10

X. Lorsque avec l'âge mon esprit se fut développé, assez peu j'exerçai mon corps aux armes et à l'équitation, mais j'appliquai mon intelligence à la culture des lettres, consacrant ainsi aux travaux la portion de moi-même que la nature avait douée d'une plus grande vigueur (22). Or tout ce que m'ont appris dans ce genre de vie la lecture et la conversation m'a convaincu que tous les royaumes, toutes les cités, tous Ce passage rappelle ce que Salluste a dit de lui-même au quatrième chapitre de la Catilinaire. les peuples, ont été puissants et heureux tant qu'ils ont obéi à de sages conseils; mais qu'une fois corrompus par la flatterie, la crainte ou la volupté, leur puissance a été aussitôt affaiblie; qu'ensuite l'empire leur a été enlevé; qu'enfin ils sont tombés dans l'esclavage.
Il m'est bien démontré aussi que celui qui se voit au-dessus de ses concitoyens par le rang et le pouvoir prend fortement à cœur le bien de l'État. Pour les autres, en effet, le salut de l'État n'est que la conservation de leur liberté; mais celui qui, par son mérite, s'est élevé aux richesses, aux distinctions, aux honneurs, pour peu que la république ébranlée éprouve quelque agitation, aussitôt son âme succombe sous le poids des soucis et de l'anxiété. C'est tout à la fois sa gloire, sa liberté, sa fortune, qu'il lui faut défendre : il faut que partout il soit présent et s'évertue. Plus, dans les temps heureux, il s'est vu dans une situation florissante, plus, dans les revers, il est en proie à l'amertume et aux alarmes. Lors donc que le peuple obéit au sénat comme le corps à l'âme, lorsqu'il exécute ses décisions, c'est dans la sagesse que les sénateurs trouvent leur force; le peuple n'a pas besoin de tant de sagacité. Aussi nos ancêtres, accablés sous le poids des guerres les plus rudes, après la perte de leurs soldats, de leurs chevaux, de leur argent, ne se lassèrent jamais de combattre armés pour l'empire : ni l'épuisement du trésor public, ni la force de l'ennemi, ni les revers, rien ne fit descendre leur cœur indomptable à penser que, tant qu'il leur resterait un souffle de vie, ils pussent céder ce qu'ils avaient acquis par leur courage. Et c'est la fermeté dans leurs conseils, bien plus que le bonheur des armes, qui leur a valu tant de gloire. Pour eux, en effet, la république était une; elle était le centre de tous les intérêts, et il n'y avait de ligues que contre l'ennemi; et, si chacun déployait toutes les facultés de l'esprit et du corps, c'était pour la patrie, et non pour son ambition personnelle.
Aujourd'hui, au contraire, les nobles, vaincus par l'indolence et la lâcheté, ne connaissent ni les fatigues, ni l'ennemi, ni la guerre; ils forment dans l'Etat une faction compacte, armée, qui gouverne avec insolence toutes les nations. Aussi le sénat, dont la sagesse faisait autrefois le soutien de la république en ses dangers, opprimé désormais, flotte ça et là, poussé par le caprice d'autrui, décrétant aujourd'hui une chose, demain tout le contraire : c'est au gré de la haine et de l'arrogance de ceux qui dominent qu'il prononce qu'une chose est utile ou nuisible à l'intérêt public.

Les options pour chaque terme vont apparaître ici.

Ecrire
Logo compteur