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RETIARIVS - Tite-Live, XXX, 12 (2)

XXX, 12 (2)
En tant que collaborateur du site "Weblettres", je ne peux que vous recommander d'aller voir les pages qui y traitent le même passage selon une autre démarche, sûrement plus immédiatement efficace pour un élève. En voici le menu.
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Weblettres
M.-A. Bernolle a adapté le travail de Weblettres à une séquence en classe de Première; chaque séance est détaillée, et mise en rapport avec les pages correspondantes de Weblettres.
Pour l'histoire de Sophonisbe (XXX, 12-15), le site du Gelahn propose la traduction de Pierre du Ryer (1659) et le vocabulaire essentiel de ces mêmes chapitres, dans l'ordre du texte.
Après les historiens antiques Diodore et Dion Cassius, Chateaubriand relate cet épisode, ainsi que Michelet.
Sophonisbe connaît une postérité dans la tragédie, l'imaginaire romantique, les beaux-arts et même la psychiatrie.
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Syphax courut alors sur les escadrons ennemis, dans l'espoir que la honte ou son propre danger arrêterait la fuite ; mais son cheval fut grièvement blessé et le jeta à terre. On entoura le roi, on se rendit maître de sa personne et on le conduisit vivant à Lélius : spectacle plus doux pour Masinissa que pour tout autre. Dans ce combat, le carnage ne répondit pas à la victoire, parce que la cavalarie seule avait donné ; il n'y eut pas plus de cinq mille hommes tués ; et l'on ne porte pas à la moitié de ce nombre celui des prisonniers faits à l'attaque du camp, où les vaincus s'étaient jetés en foule, dans l'effroi que causait la perte du roi.
Cirta était la capitale des états de Syphax : ce fut là que s'étaient réunis un grand nombre de ses soldats. Masinissa déclara qu'il n'y aurait en ce moment rien de plus beau pour lui que de revoir en vainqueur ses états héréditaires qu'il venait de recouvrer après un si long exil ; mais que la bonne comme la mauvaise fortune ne permettait point de perdre un seul instant. Il pouvait, si Lélius lui laissait prendre les devants avec sa cavalerie, et Syphax chargé de ses fers, surprendre Cirta et l'écraser dans son trouble et son désordre. Lélius le suivrait avec son infanterie à petites journées. Lélius y consentit ; et Masinissa, ayant paru sous les murs de Cirta, fit demander une entrevue aux principaux habitants. Ils ignoraient le sort du roi ; aussi le récit de ce qui s'était passé, les menaces, la persusasion, tout fut sans effet, jusqu'au moment où on amena devant eux le roi chargé de chaînes. A cet affreux spectacle, des pleurs coulèrent de tous les yeux, et, tandis que les uns désertaient la place dans leur frayeur, les autres, avec cet empressement unanime de gens qui cherchent à fléchir leur vainqueur, se hâtèrent d'ouvrir les portes. Masinissa envoya des détachements aux portes et sur les points importants des remparts, pour fermer toute issue à ceux qui voudraient fuir, et courut au galop de son cheval s'emparer du palais.
Comme il entrait sous le vestibule, il rencontra sur le seuil même Sophonisbe, femme de Syphax et fille du Carthaginois Hasdrubal. Quand elle aperçut au milieu de l'escorte Masinissa, qu'il était facile de reconnaître, soit à son armure, soit à l'ensemble de son extérieur, présumant avec raison que c'était le roi, elle se jeta à ses genoux : "Nous sommes, lui dit-elle, entièrement à votre discrétion ; les Dieux, votre valeur et votre heureuse fortune en ont ainsi décidé. Mais s'il est permis à une captive d'élever une voix suppliante devant celui qui peut donner la vie ou la mort, s'il lui est permis d'embrasser ses genoux et de toucher sa main victorieuse, je vous prie et vous conjure au nom de cette majesté royale qui naguère nous entourait aussi, au nom de ce titre de Numide que vous partagez avec Syphax, au nom des dieux de ce palais, dont je souhaite que la protection ne vous manque pas en y entrant comme elle a manqué à Syphax lorsqu'il s'en est éloigné ; accordez à mes supplications la grâce de décider vous-même du sort de votre captive, selon les inspirations de votre âme, et de m'épargner les superbes et cruels dédains d'un maître romain. Quand je ne serais que la femme de Syphax, c'en serait assez pour que j'aimasse mieux m'abandonner à la discrétion d'un Numide, d'un prince africain comme moi, qu'à celle d'un étranger et d'un inconnu. Mais que ne doit pas craindre d'un Romain une femme carthaginoise, la fille d'Hasdrubal ? Vous le savez. Si vous n'avez pas en votre pouvoir d'autre moyen que la mort pour me soustraire à la dépendance des Romains, tuez-moi, je vous en supplie te je vous en conjure.". Sophonisbe était d'une rare beauté ; elle avait tout l'éclat de la jeunesse. Elle baisait la main du roi, et en lui demandant sa parole qu'il ne la livrerait pas à un Romain, son langage ressemblait plus à des caresses qu'à des prières. Aussi l'âme du prince se laissa-t-elle aller à un autre sentiment que la compassion : avec cet emportement de la passion naturel aux Numides, le vainqueur s'éprit d'amour pour sa captive, lui donna sa main comme gage de la promesse qu'elle réclamait de lui, et entra dans le palais. Resté seul avec lui-même, il s'occupa des moyens de tenir sa parole, et, ne sachant décider, il n'écouta que son amour et prit une décision aussi téméraire qu'imprudente. Il ordonna sur-le-champ de faire les préparatifs de son mariage pour le jour mêrme, afin de ne laisser ni à Lélius ni à Scipion le droit de traiter comme captive une princesse qui serait l'épouse de Masinissa. Le mariage était accompli lorsque Lélius arriva. Loin de lui dissimuler son mécontentement, Lélius voulut d'abord arracher Sophonisbe du lit nuptial, pour l'envoyer à Scipion avec Syphax et les autres prisonniers ; puis il se laissa fléchir par les prières de Masinissa, qui le conjurait de ne pas décider quel serait celui des deux rois dont elle suivrait la fortune, et d'en faire Scipion arbitre. Il fit donc partir Syphax et les prisonniers, et, secondé par Masinissa, il reprit les autres villes de Numidie occupées encore par les garnisons royales.

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