Cliquez sur les expressions précédées du signe + pour les développer.

Recherche externe : moteur de PicoSearch
Recherche interne : moteur de FreeFind
 ??   

RETIARIVS - Aulu-Gelle


NOCTIVM ATTICARVM I, 7
Item Laberius in Gemellis :

LIVRE I, CHAP 7
On lit dans le cinquième discours de Cicéron contre Verrès, dans le texte si correct que nous devons aux soins et à l'érudition de Tiron : “Des hommes sans fortune et sans nom traversent les mers ; ils abordent à des rivages qu'ils n'avaient jamais vus, où souvent ils ne connaissent personne, où souvent personne ne les connaît. 'Tironiania cura. Tiron, affranchi de Cicéron, perfectionna la tachygraphie. Il passe pour le premier auteur des caractères que les Latins appelaient notae. Ceux qui écrivaient de cette manière s'appelaient notarii. Tiron avait aussi composé la Vie de Cicéron, dont il était le confident et l'ami. Cependant, pleins de confiance dans le titre de citoyen, ils croient être en sûreté, non pas seulement devant nos magistrats, qui sont contenus par la crainte des lois et de l'opinion publique, non seulement auprès des Romains, citoyens unis avec eux par le même langage, par les mêmes droits, par une infinité d'autres rapports ; mais, en quelque lieu qu'ils se trouvent, ils espèrent que ce titre les rendra partout inviolables. Hanc sibi rem praesidio sperant futurum.”
On a cru voir une faute de texte dans le dernier mot : on a prétendu qu'il fallait écrire futuram et non futurum ; et l'on ne doutait nullement qu'il ne fallût corriger cet endroit pour éviter que, dans un 'Hanc sibi rem praesidio sperant futurum. - Deuxième action contre Verrès, 5e disc., ch. 65.' discours de Cicéron, le crime de solécisme ne fût aussi évident que celui d'adultère dans la comédie de Plaute (car c'est ainsi que les critiques désignaient, en plaisantant, la prétendue faute.) Un de mes amis, qui a beaucoup lu, et qui dans ses veilles a médité, approfondi la plupart de nos auteurs Ut in Plauti comoedia. Cette comédie est la Casina. anciens, se trouvait là par hasard. Après avoir examiné le passage, il soutint qu'il n'y a ni faute de texte ni solécisme ; que l'expression de Cicéron est une forme ancienne et régulière : car futurum, dit-il, ne se rapporte point à rem, comme le pensent ceux qui lisent sans réflexion et sans examen ; futurum n'est point là pris comme participe, c'est un mot indéfini, de ceux que les Grecs appellent ἀπαρέμφατον, qui ne se définit pas clairement, qui ne sont asservis ni au nombre ni au genre, et qui sont indépendants et impersonnels. C. Gracchus s'est servi d'une locution semblable dans un discours qui a pour titre : Sur Quintus Popilius au sujet des assemblées. Voici le passage : Credo ego inimicos meos hoc dicturum, je crois que mes C. Gracchus. Tribun célèbre, grand orateur, fils de l'illustre Cornélie, fille de Scipion l'Africain. Caius, poursuivi par le consul Opimius, se réfugia dans le temple de Diane, où il fut tué par l'ordre de son ennemi, 121 ans avant Jésus-Christ. ennemis le diront. N’est-il pas évident que la même raison a fait employer dicturum et futurum au lieu de futuram et dicturos ? devant être, devant faire, devant dire. Cette tournure est tout aussi conforme aux règles de la grammaire que celle qui permet, en grec, de rattacher à des sujets de tous les nombres et de tous les genres indistinctement des mots tels que ceux-ci : ποιήσειν, ἕσεσθαι, λέξειν et autres semblables. Mon ami dit que, dans le troisième livre des Annales de Cl. Quadrigarius, on trouvait aussi ces mots : Dum ii conciderentur, hostium copias ibi occupatas futurum, pendant que ceux-ci seront égorgés, les troupes des ennemis seraient occupées en cet endroit.
In Cl. quoque Quadrigarii ANNALI libro III. Q. Cl. Quadrigarius, historien romain souvent cité par Aulu-Gelle, était plus ancien que Sisenna, qui travailla sur la même matière. Havercamp a publié ses fragments à la suite de son Salluste. Le même Quadrigarius commence ainsi le dix-huitième livre de ses Annales : — Si pro tua bonitate et nostra voluntate tibi valetudo suppetit, est quod speremus, deos bonis bene facturum, si vous conservez une santé telle que le méritent vos vertus et que nous la désirons, il y a lieu d'espérer que les dieux favoriseront les gens de bien. Dans le vingt-quatrième livre de Valérius Anthias, on trouve une semblable tournure : Si hae res divinae factae riteque perlitatae essent, haruspices dixerunt,omnia ex sententia processurum esse, si les cérémonies sont faites selon le rite, on obtiendra, dirent les aruspices, les plus heureux succès.
In Valerii Antiatis quarto et vicesimo. Valérius Antias, historien romain qui écrivit les Annales de la République. Il fut appelé Antias, d'Antium sa patrie, ville maritime du pays latin. Il est cité souvent par Aulu-Gelle. Plaute, dans sa Casina dit, en parlant d'une jeune fille, occisurum, et non occisuram :
Etiamne habet Casina gladium ? — Habet, sed duos,
Quibus, altero te occisurum ait, altero villicum.
— Casina a-t-elle encore une épée ? — Mieux que cela, elle en a deux : l'une, dit-elle, servira à vous frapper ; l'autre est réservée au fermier.
Laberius dans les Jumeaux :
Non putavi, hoc eam facturum
Laberius. Chevalier romain, auteur de petites pièces satiriques appelées mimes ; il fut contraint par César de paraître sur la scène pour y jouer dans une de ses pièces. Il mourut dix mois après le meurtre de César. Il ne reste de lui que le prologue de la pièce qu'il joua devant le dictateur, et quelques fragments recueillis par H. Estienne, Paris, 1564.
......................................Nam sic
Et laberi mimos ut pulchra poemata mirer.

Horatius, lib. I, sat. 10, v. 6.
— Je n'ai pas cru quelle le ferait.
Or, tous ces écrivains savaient ce que c'est qu'un solécisme. Gracchus a dit dicturum ; Quadrigarius, futurum et bene facturum ; Antias, processurum ; Plaute, occisurum ; Labérius, facturum, tous ces mots étant employés d'une manière indéfinie. C'est une forme qui ne subit les modifications ni du monde, ni des personnes, ni du genre, ni du temps, mais qui comprend toutcela sous une seule et même désinence. M. Cicéron, en se servant de futurum, n'a mis ni le masculin ni le neutre (ce qui serait en effet un solécisme) ; il a employé un mot indépendant de tout genre.
Mon ami citait encore un passage du discours de Cicéron pour la loi Manilia, dans lequel se trouvent ces mots : Quum vestros portus, atque eos portus, quibus vitam ac spiritum ducitis, in praedonum fuisse potestatem sciatis, quand vous savez que vos ports, ces ports qui vous nourrissent, et sans lesquels vous ne pouvez vivre, ont été au pouvoir des pirates. Il disait que les mots in potestatem fuisse ne constituent pas un solécisme, comme le pense généralement la foule des demi-savants ; et qu'au contraire la tournure était bonne et toute grecque. Plante, le plus élégant modèle du génie de la langue latine, a bien dit dans son Amphitryon :
Numero mihi in mentem fuit ;
II me vient à l'esprit fort à propos.
au lieu de in mente, qui est la tournure la plus ordinaire. Mais, indépendamment de Plaute, dont mon ami venait de nous citer un passage, les écrivains anciens nous offrent mille exemples de semblables formes, et j'en ai cité quelques unes dans ce recueil. Au reste, toute règle et toute autorité mises à part, l'harmonie de la phrase et l'arrangement des mots prouvent assez que cette forme a dû plaire à M. Cicéron, recherchant avec un soin extrême les effets du nombre et de la cadence, et qu'il a pu dire, tout en restant fidèle à la grammaire, in potestatem, au lieu de in potestate. In potestatem est plus harmonieux, plus doux , in potestate est dur et désagréable pour qui a l'oreille exercée, intelligente et délicate pour saisir ces nuances. C'est ainsi que Cicéron a préféré encore explicavit à explicuit, bien que cette dernière forme eût prévalu de son temps. Voici ces paroles tirées de son discours pour la loi Manilia : — Testis est Sicilia, quam multis undique cinctam periculis non terrore belli, sed consilii celeritate explicavit, témoin la Sicile, qu'il délivra des dangers qui la menaçaient de tous côtés, moins par la terreur des armes que par la Testis est Sicilia. Cicéron, Pour la loi Manilia, ch. XI. célérité des opérations. Mettez explicuit, la phrase aura moins de nombre et moins d'harmonie.
- Voir/cacher la traduction
Lemmatisation par "Collatinus" du texte sélectionné.
Les options pour chaque terme vont apparaître ici.


Collatinus est disponible directement à : http://collatinus.fltr.ucl.ac.be/collatinus.php - adaptation pour Internet du logiciel collatinus d'Y. Ouvrard : http://www.collatinus.org/collatinus/ - Licence et documentation.
Sur le même espace de l'UCL :
- Lexique de Gérard Jeanneau par moteur de recherche : http://collatinus.fltr.ucl.ac.be/jeanneau.php
- Utilisation combinée des 2 outils : http://collatinus.fltr.ucl.ac.be/index_cj.php
- Accueil d'ensemble : http://collatinus.fltr.ucl.ac.be/

Ecrire
Logo compteur