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RETIARIVS - Aulu-Gelle


NOCTIVM ATTICARVM - I, 13
XIII. In officiis capiendis, censendis, judicandisque, quæ Græce καθήκοντα philosophi appellant, quæri solet, an negotio tibi dato, et, quid omnino faceres, definito, contra quid facere debeas, si eo facto videri possit res eventura prosperius, exque utilitate ejus, qui id tibi negotium mandavit. Anceps quæstio et in utramque partem a prudentibus viris arbitrata est. Sunt enim non pauci, qui sententiam suam una in parte defixerint, et, re semel statuta deliberataque, ab eo, cujus negotium id pontificiumque esset, nequaquam putaverint contra dictum ejus esse faciendum, etiamsi repentinus aliquis casus rem commodius agi posse polliceretur, ne, si spes fefellisset, culpa impatientiæ et pœna indeprecabilis subeunda esset. Si res forte melius vertisset, dis quidem gratia habenda, sed exemplum tamen intromissum videretur, quo bene consulta consilia religione mandati soluta corrumperentur. Alii existimaverunt, incommoda prius, quæ metuenda essent, si res gesta aliter foret, quam imperatum est, cum emolumento spei pensitanda esse : et, si ea leviora minoraque, utilitas autem contra gravior et amplior spe quantum potest firma ostenderetur, tum posse adversum mandata fieri censuerunt; ne oblata divinitus rei bene gerendæ occasio amitteretur. Neque timendum exemplum non parendi crediderunt, si rationes hujuscemodi duntaxat non deessent. Cumprimis autem respiciendum putaverunt ingenium naturamque illius, cuja res præceptumque esset; ne ferox durus, indomitus, inexorabilisque sit, qualia fuerunt Postumiana imperia et Manliana : nam si tali præceptori ratio reddenda sit, nihil faciendum esse monuerunt aliter, quam præceptum est. Instructius deliberatiusque fore arbitramur theorematium hoc de mandatis hujuscemodi obsequendis, si exemplum quoque P. Crassi Muciani, clari atque inclyti viri, apposuerimus. Is Crassus a Sempronio Asellione et plerisque aliis historiæ Romanæ scriptoribus traditur quinque habuisse rerum bonarum maxima et præcipua; quod esset ditissimus, quod nobilissimus, quod eloquentissimus, quod jurisconsultissimus, quod pontifex maximus. Is quum in consulatu obtineret Asiam provinciam, et circumsedere oppugnareque Leucas [oppidum] pararet opusque esset firma atque procera trabe, qua arietem faceret, quo muros ejus oppidi quateret, scripsit ad magistratum ἀρχιτέκτονα Elatensium sociorum amicorumque populi Romani, ut ex malis duobus, quos apud eos vidisset, uter major esset, eum mittendum curaret. Tum magister ἀρχιτέκτων, comperto, quamobrem malum desideraret, non, uti jussus erat, majorem, sed, quem esse magis idoneum aptioremque faciendo arieti, facilioremque portatu existimabat, minorem misit. Crassus eum vocari jussit; et, quum interrogasset, cur non, quem jusserat, misisset, causis rationibusque quas dictitabat spretis, vestimenta detrahi imperavit, virgisque multum cecidit, corrumpi atque dissolvi officium omne imperantis ratus, si quis ad id, quod facere jussus est, non obsequio debito, sed consilio non desiderato respondeat.

LIVRE I, CHAP 13
Entre autres questions relatives à l'examen et à l'appréciation des devoirs moraux que les philosophes grecs appellent καθήκοντα, devoirs, on pose souvent celle-ci : Lorsqu'on vous a chargé d'une commission dont tous les détails sont nettement expliqués, vous est-il permis de vous écarter des instructions que vous avez reçues, si vous pensez que l'affaire n'en ira que mieux, et que vous serez plus utile à celui qui vous a confié l'exécution de ses projets ? Question difficile à résoudre, et à propos de laquelle le pour et le contre ont été soutenus par des hommes de mérite. Plusieurs, s'attachant à une règle absolue, soutiennent que lorsqu'un citoyen, revêtu de l'autorité nécessaire pour être obéi, s'est arrêté à un projet après une mûre délibération, dans une affaire. personnelle, il n'est point permis d'agir autrement qu'il ne l'a prescrit, lors même qu'un événement imprévu donnerait l'espérance que les choses pourraient mieux réussir en modifiant l'exécution des ordres donnés, parce que, disent-ils, si notre espérance est déçue, nous encourons le blâme dû à notre désobéissance, et notre témérité sans excuse mérite .un châtiment; si nous réussissons, rendons-en grâce aux dieux : néanmoins nous avons donné un exemple dangereux qui peut priver de leur autorité les plans les plus sages et détruire le respect pour les ordres reçus. D'autres ont pensé qu'il fallait préalablement peser les inconvénients qui résulteraient d'une désobéissance aux ordres reçus, si l'on échouait, et les avantages que promet le succès : si les inconvénients sont de peu d'importance, si les avantages doivent être considérables, et si l'on peut raisonnablement espérer le succès, la désobéissance est permise; il ne faut pas laisser échapper l'occasion favorable que nous envoie la Divinité. Ceux qui soutiennent cette thèse pensent qu'avec de tels motifs la désobéissance n'est point d'un mauvais exemple; mais ils ajoutent qu'il est bon de connaître l'esprit et le caractère de celui qui a donné les ordres, pour éviter de blesser un homme fier, dur, inexorable, tels que furent, dans l'exercice du commandement, Postumius et Manlius : car si on doit rendre compte à de tels chefs, il ne faut jamais s'écarter de ce qu'ils ont prescrit. Pour donner plus de force et d'intérêt à cette dernière considération, je vais citer un trait de P. Crassus Mutianus, citoyen illustre et célèbre. Ce Crassus, au rapport de Sempronius Asellion et de plusieurs autres historiens romains, possédait cinq choses bien dignes d'être considérées comme ce qu'il y a de meilleur et de plus important dans ce monde : la richesse, la noblesse, Sempronius Asellion, tribun légionnaire pendant la guerre de Numance, est placé par Denys d'Halicarnasse au nombre des plus illustres historiens de l'ancienne Rome. Les ouvrages de cet écrivain sont perdus. Voyez Cicéron, des Lois, liv.I, ch.II. l'éloquence, la science du droit, la dignité de grand pontife. Pendant son consulat, ayant l'Asie pour province, il se disposait à mettre le siège devant Leuca, place fortifiée ; comme il avait besoin d'une poutre assez solide et assez longue pour en faire un bélier qui pût abattre les murailles de la ville, il écrivit à l'entrepreneur des Leuca, ville près du golfe de Smyrne, sur les bords du fleuve Hermus. bâtiments d'Elée, ville amie et alliée du peuple romain, de lui envoyer le plus grand des deux mâts qu'il se rappelait y avoir vus. Cet homme, ayant compris ce que Crassus voulait en faire, n'envoya point le grand mât, comme il en avait reçu l'ordre, mais le plus petit, qui lui paraissait le plus propre à faire un bélier et le plus facile à transporter. Crassus fait venir l'entrepreneur, lui demande pourquoi il n'a pas exécuté ses ordres, et, sans écouter la raison et les motifs de sa désobéissance, il le fait dépouiller de ses vêtements et frapper de verges, persuadé que l'autorité des chefs s'affaiblit et se perd, quand les inférieurs, au lieu d'obéir ponctuellement, modifient dans l'exécution les ordres donnés.
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